Mercredi 10 octobre 2007
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J'avais promis de développer un avis sur Super Paper Mario dans un cocobillet précédent, je vais le faire, mais pas aujourd'hui puisqu'on est mercredi et que le mercredi, c'est Cave Story, alias Dôkutsu Monogatari, alias un putain de bon jeu gratuit et underground. En fait, c'est surtout que je suis une grosse feignasse qui va vous faire un copier-coller de cochon, mais en vous prévenant car un
journaliste cite toujours ses sources. Et pour le coup, la source, c'est moi dans un exemple de test rédigé début septembre. Egotrip, quand tu nous tiens.
Pixel art
Découvrir un jeu comme Cave Story peut sembler une partie de plaisir. En fait, c'est un plaisir complet, tant la finition et l'amour apporté à ce jeu
sautent aux yeux bien avant la fin de l'aventure. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs et revenons un peu sur le commencement. Comme son nom le laisse entendre, l'action de Cave
Story (ou Doukutsu Monogatari dans sa langue d'origine) se déroule dans un monde souterrain, peuplé de bestioles en tout genre, mais aussi d'humains et de
robots. Dans cet univers, vous endossez le rôle d'un bonhomme atteint d'amnésie et ne prononçant jamais un mot. Avec un lit et quelqu'un pour vous tirer d'un rêve prémonitoire en guise
d'introduction, on aurait un bon début classique de RPG japonais. Sauf qu'ici, on vous lâche au beau milieu d'une grotte avec une disquette et une boîte ornée d'un cœur clignotant - comprendre
point de sauvegarde et recharge d'énergie - pour seuls compagnons.
Sorti de ce point de départ grâce à une aptitude naturelle pour le saut, vous évitez quelques chauves-souris avant de tomber sur une capsule qui augmente votre barre
de vie lorsque vous la ramassez. Le jingle qui accompagne votre trouvaille rappelle celui de la série Metroid ? Normal, il s'agit d'une inspiration majeure et revendiquée par
l'auteur de Cave Story, Daisuke Ayama. Sous le pseudonyme de « Pixel », il a confectionné et produit seul l'intégralité de ce titre, en cinq ans, sur son temps libre.
Dans le jargon, on appelle ça un doujin game et celui qui nous intéresse n'a rien à envier à bon nombre de projets professionnels. Sa force ne réside pas dans une réalisation technique
de pointe, elle repose « simplement » sur une cohérence à toute épreuve. Sans aller jusqu'à utiliser le qualificatif discuté et disputé d'œuvre d'art, on peut sans aucun doute parler de
chef d'œuvre.
Mélodie en sous-sol
Sur le plan graphique, Cave Story est totalement plat. Pas de polygones, que du bon vieux pixel apparent, aussi bien pour les décors
que pour les personnages. Loin d’être un handicap, cette représentation 2D confère au soft un charme indéniable, tant le design et les animations de chaque élément contribuent
au cachet rétro du jeu. Difficile de ne pas avoir un sourire digne d’un BN lors des rencontres avec les Mimigas, un peuple de lapins pourchassés par un savant fou, ou encore avec Balrog, sorte de
toaster vivant aux yeux continuellement écarquillés. Les portraits incrustés dans les fenêtres de dialogues ne font que renforcer l’attachement aux nombreux protagonistes de l’histoire, alliés
comme ennemis. La musique et les bruitages aux accents du MIDI qui accompagnent vos pérégrinations dans les dédales souterrains de Cave Story valent aussi leur pesant de
cacahuètes. C’est souvent grâce à la bande-sonore qu’on part à l’aventure l’esprit léger et volontaire, avec son beat et son couteau – ou plutôt son pistolet, dérobé dans un
coffre quelques minutes après avoir sélectionné New Game sur l’écran-titre. Par un ingénieux système de power-up, ce flingue laser gagnera en force et en
portée, selon votre habileté à exploser du monstre.
Exemple : vous éliminez une des chauves-souris dont on parlait plus haut. Elle laisse tomber un petit triangle doré
que vous vous empressez de ramasser en bon pavlovien vidéoludique. Encore quelques autres à trouver et vous complétez la Trifor…hum hum, la barre situé au-dessus de votre jauge de vie. Votre
pétoire gagne un niveau, vous tuez des ennemis plus féroces qui vous rapportent plus de triangles jaunes et tout va très bien madame la Marquise. En revanche, faites-vous toucher par un piège, un
tir ou une bêbête agressive et votre barre de puissance dégringole en quelques coups. Le tarif sera le même pour toutes les armes du jeu (une petite dizaine avec un maximum de cinq places
réservées dans l’inventaire), chacune d’entre elles bénéficiant d’un compteur propre. En plus de leur utilité guerrière, la plupart des armes permettent de progresser
dans le jeu en débloquant des zones inaccessibles sans elles. Quand on se réfère à Metroid, autant le faire à fond.
Faut pas être un cave
Si Cave Story demande une certaine dextérité à la gâchette, il requiert aussi pas mal de logique pour la
résolution des énigmes et de doigté lors des déplacements, notamments les sauts. Commes les choses sont parfois bien faites, la maniablilité et l'inertie du personnage principal sont
parfaitement calibrées pour ce type d'exercices. Un conseil tout de même : utilisez un pad, cela vous évitera quelques frustrations inutiles devant un boss retors ou un passage de plateforme
serré. Deux situations auxquelles vous devrez régulièrement faire face dans le dernier quart du jeu et encore plus dans les lieux optionnels disséminés sur la carte. En effet, la quête principale
se boucle assez facilement (comptez six heures environ), mais le soft regorge de bonus et de secrets cachés. Tous les trouver vous demandera une poignée d'heures supplémentaires,
beaucoup de talent au combat et une attention particulière aux choix proposés lors des dialogues, dernier gros point fort de ce freeware au bon goût de retro.
Vous êtes toujours là ? Ce jeu vous fait autant
saliver qu'un bon brownie ? Alors je vous souhaite un bon appétit, bien sûr.